HES, 30 ans de combats, et après ?

Depuis 1983, HES et les socialistes ont permis de faire avancer des questions importantes au sein de la famille socialiste. Créée sous la gauche au pouvoir, l’association a permis aux socialistes de prendre conscience de l’importante des questions primordiales qui traversaient la société. De l’épidémie du SIDA au Mariage pour tous, en passant par le PACS en 1999, HES a pu servir d’aiguillon à la politique de la gauche. En 30 ans, c’est bien la gauche qui est à l’origine de toutes les avancées des droits et de la lutte contre les discriminations.

Aujourd’hui la loi dite du « Mariage pour tous » est votée. Des couples ont pu se marier… d’autres, on l’a vu récemment, divorcer… Comme n’importe quel couple hétérosexuel. Il n’y a pas eu d’apocalypse, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête… En 2013 est venu le temps de l’égalité, un temps que j’ai longtemps attendu. J’ai souvent pensé à ce moment… Mais ce débat a laissé des traces dans la société, le combat contre l’homophobie est d’autant plus d’actualité. Les rapports de SOS Homophobie se succèdent, et chaque année, le nombre d’actes homophobes ne fait qu’augmenter. Mais quand ces propos sont tenus par des responsables politiques, représentants du peuple français, c’est la République dans son ensemble qui est en danger.

En juin 2011, avec les Jeunes Socialistes nous dénoncions déjà les propos de ces « homophobes de la République », sans imaginer la virulence des députés de droite qui allait faire irruption dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale 18 mois plus tard. Après 30 ans de combats pour l’égalité, le chemin reste encore long pour que la société ne fasse plus de distinction entre des orientations sexuelles différentes. La gauche doit continuer d’agir, par la loi d’abord, pour que l’égalité soit une réalité, sans adjectif, par son impulsion ensuite, dans la société pour faire changer les mentalités.

Après le mariage pour tous, HES doit continuer son action, auprès de la famille socialiste et avec ses partenaires associatifs pour que la gauche s’empare de nouveaux sujets. HES doit poursuivre le lien entre notre famille politique et le monde associatif pour gagner de nouvelles victoires contre les LGBTphobies. Et les sujets ne manquent pas.

François Hollande s’y était engagé pendant la campagne présidentielle, le Parti Socialiste en avait fait un engagent dans son projet présidentiel, la question des trans ne doit plus être un tabou. Il s’agit d’une question politique majeure. Il est impératif de dissocier le changement d’état civil du parcours médical. C’est tout le parcours de transition qu’il faut modifier, et c’est bien au politique de se saisir du sujet, pour ne pas le laisser à un consortium de psys.

Proposition d’un parlementaire, Olivier Veran, dans un rapport à Marisol Touraine, l’ouverture du don du sang aux HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) doit devenir une réalité. Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui fait le risque de séropositivité des donneurs de sang, mais bien les pratiques à risques. Quand l’Etablissement français du sang (EFS) réalise une campagne d’appel au don du sang, rappelant que c’est un acte citoyen, on ne peut exclure une partie de la population de cette citoyenneté, au motif de leur orientation sexuelle.

La société doit aussi prendre la mesure de la question des intersexes. Nous devons en finir avec certains protocoles médicaux tacites qui veulent qu’on affilie ces bébés sur un sexe féminin parce que la société ne saurait reconnaître cette différence de naissance, qu’elle soit biologique ou hormonale.

Enfin, et le chantier est lancé, la lutte contre les LGBTphobies et contre toutes les haines de l’autre doit être le fer de lance de notre action politique. Le gouvernement a lancé un chantier interministériel sur le sujet. La réforme de la formation des enseignants prend le sujet à bras le corps, en formant nos nouveaux profs sur ces questions, pour mieux identifier les situations dans les classes, et accompagner les élèves victimes de ces discriminations. C’est aussi en luttant contre la « genrisation » de la société que l’on aboutira à une égalité entre les femmes et les hommes, les homos et les hétéros. Il nous faut agir pour mettre fin au modèle hétéro-patriarcal de notre société.

Voilà les nouveaux chantiers qui s’ouvrent aujourd’hui à notre engagement en faveur de l’égalité et de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et/ou l’identité de genre. Samedi 30 novembre prochain, HES fêtera ses 30 ans. Il sera alors l’occasion de faire le bilan de l’action menée depuis 1983, des succès et victoires obtenus auprès des socialistes, et de porter une nouvelle dynamique sur ces sujets importants, qu’il ne faudrait pas relayer dans un second plan, et se contenter aujourd’hui du mariage pour tous, comme la gauche s’est contenté du PACS pendant plus de 10 ans.