Lutter contre l’homophobie, non ce n’est pas de la cathophobie !

Le « débat » – si on peut encore appeler cela de cette manière – autour du projet de loi qui vise à ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe tourne en une farce du côté de la droite.

Sous couvert de son hostilité, la droite se fait fervent défenseur de l’Eglise catholique. Les propos de Laurent Wauquiez, ancien ministre de l’Enseignement Supérieur ce week-end en sont le plus bel exemple. Parce que oui, je considère que Vincent Peillon a eu raison de rappeler les écoles privées, majoritairement catholiques à la retenue. Rappelons qu’elles sont en très grande partie financer par l’Etat et les collectivités locales, en ce sens, elle se doivent de garder un droit de réserve vis-à-vis d’un débat politique.

Quand les plus hautes autorités de l’Eglise appellent à la lutte contre le mariage pour tous, que des évêques, des curés français entre dans le débat avec, pour certains, des propos homophobes, caractérisant l’homosexualité de « contre nature » – à l’instar de certaines personnalités UMP – alors oui, l’Eglise est montrée du doigt par celles et ceux qui luttent contre l’homophobie.

La République peut-elle encore tolérer une discrimination face à au mariage civil, au prétexte d’une orientation sexuelle ? Non !

La République peut-elle laisser des propos de haine se diffuser dans l’espace public ? Non !

La République peut-elle encore ignorer les difficultés de certains jeunes homos pour qui le taux de suicide est 13 fois plus élevé que pour des jeunes hétéros ? Non !

Ce n’est pas de la cathophobie que de vouloir lutter contre l’homophobie. Et la République, dans son chemin vers l’égalité, est au premier rang de la lutte contre toutes les discriminations. En revanche, l’Eglise catholique se doit de rester vigilante dans ses propos pour ne pas devenir complètement homophobe. La réponse à la discrimination, voire à la haine, ne saurait être la discrimination elle même.