Ouvrir le don du sang aux gays, un combat pour l’égalité

En cette journée mondiale des donneurs de sang, l’EFS (Etablissement Français du Sang) appelle une nouvelle fois à faire de cette journée une occasion de donner son sang. Sauf que voila, tout le monde ne le peut pas.

Une discrimination, née suite à l’affaire du sang contaminé, empêche en effet les HSH (Hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) de donner leur sang, comme les personnes venant de certains pays, où le SIDA fait des ravages, et les personnes consommatrices de drogue. La raison de cette interdiction est basée sur un taux de prévalence supérieur à la population globale, c’est à dire le pourcentage de porteurs du VIH.

Aujourd’hui, les protocoles sanitaires sont suffisamment efficaces pour déceler des poches de sang contaminées par le VIH. Certaines personnes utilisent d’ailleurs le don du sang comme test de dépistage « si on ne m’appelle pas pour m’alerter après avoir donné mon sang, c’est que je suis négatif », un moyen de ne pas affronter la réalité du dépistage.

L’EFS avait, il y a plusieurs années, édité une campagne en appelant à la citoyenneté pour donner. Les gays et les bis seraient alors des sous-citoyens, que l’on juge sur une identité plutôt que sur des pratiques. Un hétéro ayant 2 partenaires différentes par semaine, et ayant des rapports sexuels sans préservatif peut donc donner son sang. Un homo, dépisté et négatif, n’ayant pas de rapports sexuels durant plusieurs semaines ne le peut pas. Ce n’est pas la sexualité des individus qui est dangereuse et pourrait présenter un risque, ce sont bien les pratiques. Et c’est sans compter la responsabilité des homosexuels qui, en voulant donner leur sang, et connaissant les risques, connaissent surement leur statut sérologique.

Il y a quelques mois, un député socialiste, Olivier Veran a préconisé l’ouverture du don du sang aux HSH dans un rapport parlementaire sur la filière sang. En 2012, François Hollande s’était également engagé à mettre fin à cette discrimination. Au delà d’être député, il est également un praticien hospitalier. Force est donc de constater que la communauté médicale n’est pas unanime contre le don du sang pour les HSH. Faisons confiance en son expérience et son expertise.

Aujourd’hui, les socialistes doivent pousser le gouvernement et le Président à tenir cette engagement et à revenir sur cette injustice. Ce ne serait être une mesure « sociétale » parce qu’elle concerne les gays, mais une mesure d’égalité et de santé publique. Il est temps que HES rejoigne le mouvement associatif qui, à l’instar de SOS Homophobie, souhaite la fin de cette discrimination. HES doit se servir du mouvement associatif pour porter cette réforme du don du sang et soutenir Olivier Veran. HES doit être, sur cette question, comme sur d’autres combats, le porte parole des associations, des personnes LGBT auprès de l’ensemble des socialistes, du gouvernement et notamment de Marisol Touraine et de Manuel Valls.

Lors des dernières rencontres d’HES j’ai déjà interpelé et mis le sujet sur la table. Je profiterai de chaque occasion pour que l’ensemble des socialistes qui militent pour l’Egalité portent ce combat, ce droit ouvert à tous, donnent de la force à ceux qui rappelleront François Hollande à son engagement.