Régie Vaugirard : un déni de démocratie

Alors que le début de la campagne pour les élections municipales se profile déjà à Paris, il est temps de se poser sur le bilan de Philippe Goujon, maire UMP du 15e arrondissement. L’un des premiers dossier sur lequel j’ai choisi de me pencher aujourd’hui est la création, début 2011, de la régie de quartier Vaugirard. Celle-ci ayant été annoncé en 2010 dans le magazine Info15, un dossier de l’association DLP15 révèle l’opacité avec laquelle la droite du 15e arrondissement a lancé ce projet.

Une régie de quartier c’est quoi ?

L’objectif d’une telle régie, conventionné par un Comité National de Liaison des Régies de Quartier (CNLRQ) est de créer un lien entre tous les acteurs d’un quartier défini, et d’exercer des missions dans les domaines marchands et non-marchands. Cet acteur de l’économie sociale et solidaire peut agir pour la vie du quartier en agissant sur l’entretien des espaces verts des ensembles immobiliers, facilitant l’insertion professionnelles d’habitants et créant des emplois à l’échelle locale.

Création de la régie, un déni de démocratie

Lorsqu’à l’automne 2010, le magazine de l’arrondissement publie le seul article public sur la régie de quartier, Philippe Goujon se targuait de tenir l’un de ses engagements de la campagne municipale de 2008. Il annonçait la création de la régie fin 2010, début 2011, par une Assemblée Générale constitutive, rassemblant des habitants, des acteurs locaux, des membres des conseils de quartier de l’arrondissement. Cependant, DLP15 révèle qu’aucun conseil de quartier n’y a été associé, puisqu’il ne fait mention de la régie dans aucun ordre du jour, ni aucun compte rendu de ces conseils. De plus, la délimitation de la zone d’intervention de la régie n’a été communiquée qu’au cours de cette assemblée générale, limitant donc l’information aux habitants concernés de la tenue de celle-ci. De plus, les élus socialistes de l’arrondissement confirme que la création de la régie n’a jamais été évoquée en Conseil d’Arrondissement.

Alors si les élus, les conseils de quartier et les habitants n’ont pas été informés de la création de la régie, comment peut-elle être un vecteur de démocratie locale et de démocratie participative ? DLP15 dénonce dans son rapport la main mise de la droite du 15e sur ce dossier et le déni de démocratie flagrant dont elle a fait preuve. Pire, plusieurs membres de cette association se sont présentés lors de l’Assemblée Générale, et prouvent que les personnes ayant droit de vote dans cette assemblée ont été choisis de manière totalement arbitraire.

Le compte rendu de cette Assemblée Générale se termine ainsi  » L’assemblée générale pris fin dans une certaine confusion, voire improvisation » car les deux candidats les moins bien élus du collège « habitants » obtinrent le même nombre de voix et qu’au terme du dépouillement, un grand nombre des électeurs de ce collège avaient déjà quitté la Mairie d’arrondissement, interdisant ainsi la mise en oeuvre d’un nouveau scrutin pour les départager ».

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Et bien, toujours rien. Plus d’un an et demi après sa création, les conseils de quartiers, pourtant renouvelés dans le courant de l’année 2011 n’ont toujours aucune information sur le sujet, et rien de prévu à l’ordre du jour. Du côté de la mairie du 15e, aucune information n’est faite à destination des habitants du quartier.

Cet exemple de la régie Vaugirard est assez symptomatique de « la méthode Goujon ». D’un côté il ne manquera pas de pavaner en réunion publique à se vanter d’un bilan positif pour la démocratie locale, de l’autre, les faits montrent bien qu’il reste dans les effets d’annonce et l’obscurcissement des organes démocratiques.