Sotchi 2014, militer, manifester, mais ne pas prendre les sportifs en otage.

J’étais aujourd’hui en débat dans le Ring de Sud Radio, animé par Alexis Thiebaut. Nous sommes revenu, à quelques heures de l’allumage de la flamme olympique sur les polémiques qui entourent ces jeux.

Oui, militant LGBT, je reconnais en la Russie et en Poutine, son despote en place, toutes les atteintes aux droits de l’Homme. Militant pour l’Egalité, je ne peux que déplorer que l’on ait accordé à ce pays qui interdit les gay pride, qui parle de propagande gay, qui condamne, enferme des homos au seul motif de leurs amours. Militant pour l’Egalité, je dénonce haut et fort la corruption et les ravages causés à l’environnement, aux populations, par la mégalomanie d’un homme, saluant le travail essentiel des journalistes pour dévoiler la vérité.

Mais ce qui est sûr, c’est que je me refuse de prendre les sportifs en otage. Ils se sont dévoués à leur sport, s’entrainant pendant des mois, voire des années, pour porter les couleurs de leur pays, avec fierté, à ces jeux. Nous ne devons pas leur demander de participer à des actions militantes, de devenir les symboles de la contestation, comme nous n’avons pas demandé à ce qu’ils boycottent ces jeux. La meilleure réponse à apporter à Poutine, c’est de voir des sportifs représentants des pays démocratiques sur le podium. D’entendre des hymnes républicains dans le stade.

Bien sûr, nous applaudirons les actions dénonçant le totalitarisme en Russie. Bien sûr, nous féliciterons les athlètes qui montreraient leur soutien aux combats pour les droits de l’Homme et les droits des personnes LGBT.
Bien sûr, nous nous réjouirons de voir des marques, des sponsors arborer le rainbow flag, à l’instar de Google. C’est évident. Mais nous ne devons pas les attendre. Les réactions doivent venir des politiques, puisque c’est un sujet politique.

Et quand on voit ces dernières années, les suspicions de corruptions sur l’attribution de ces jeux, comme des jeux de Pekin en 2012, ou de la coupe du monde de football au Qatar, il semble nécessaire que les critères de sélection soient revus et clarifiés.

Les Jeux Olympiques sont porteurs des valeurs démocratiques. Et finalement, à voir ce gigantisme démesuré, et tous les pays dénoncer ses lois rétrogrades, la Russie ne s’en sort pas grandie, ni plus démocratique.