Pourquoi je crois en l’Employee Advocacy

L’employee advocacy, est un dispositif de communication qui vise à faire des collaboratrices et collaborateurs d’une organisation de réels ambassadeurs de la marque. Il s’agit de profiter de leur sphère d’influence, notamment sur les réseaux sociaux pour toucher une audience que la marque ne pourrait atteindre directement. 

Les fondements de l’employee advocacy

L’employee advocacy, concept devenu à la mode en France ces deux dernières années, repose sur une réflexion qui n’est, cependant, pas nouvelle. En effet, dès 1955, Paul Lazarsfeld et Elihu Katz, sociologues américains ayant étudier les phénomènes médiatiques, publient « personnal influence », et développent le concept du two-step-flow. Cette idée s’appuie sur l’identification et le rôle des leaders d’opinion, qui se font les relais de l’influence des médias. Dans un contexte de société « post-moderne » et l’émerge de « tribus », telles que développées par le sociologue français Michel Maffesoli, cette idée du two-step-flow devient un enjeux majeur pour les marques qui ciblent des consommateurs, agrégées en communautés d’intérêts, de passions, ou de culture. Le marketing tribal, décrit notamment par Yohann Gicquel est désormais très utilisés par les marques de produits ou de services grands publics. 

L’employee advocacy émerge de ces analyses, en comprenant que l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs d’une entreprises, même s’ils ne sont pas des commerciaux, peuvent avoir un rôle prédominant dans la diffusion des contenus corporate et produits de l’entreprise dans laquelle ils travaillent. 

Les avantages de l’employee advocacy

Une étude Sociallymap, regroupant des résultats d’enquêtes de plusieurs acteurs (MSL group, IBM, We Are Social, Google, Cisco, Edelman …) précise qu’une entreprise qui adopte un programme de collaborateurs ambassadeurs, augmente de 561% le reach de ses publications, multiplie par 5 le trafic de son site web, génère 25% de leads en plus et améliore significativement la visibilité et donc la notoriété de sa marque. 

Au delà de ces résultats, il est important de noter que les Français passent en moyenne 1h30 par jour sur les réseaux sociaux, ce qui représente plus du tiers du temps passé sur internet. En moyenne les Français comptent 304 contacts directs sur leurs réseaux sociaux, ce qui peut représenter une audience de près de 14 000 personnes pour 50 collaborateurs, et donc plus de 200 000 contacts si 50% des 1400 salariés RTE de la région Ile-de-France s’engagent dans le programme. L’audience de la marque peut donc s’élargir grâce à l’implication de ses salariés. 

Par ailleurs, si 82% des consommateurs ont confiance en la communication de quelqu’un qu’ils connaissent, ils ne sont que 15% à croire dans une publication d’une marque identifiée avec son logo. 

Autre indicateur à analyse, l’employee advocacy a également des bénéfices sur les employés eux-mêmes. En effet, l’étude de Sociallymap précise que 27% des collaborateurs engagés dans un tel programme sont plus optimistes, 20% plus fidèles et 15% se sentent plus connectés entre eux. Ces chiffres révèlent ainsi, de larges bénéfices interne, notamment en matière de fidélisation des collaborateurs et donc de lutte contre le turn-over, réelle difficultés des Directions des ressources humaines. Par ailleurs, Jean-Pierre Brun, Professeur titulaire de management à l’Université Laval (Québec), fondateur et titulaire de la Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail, montre, dans ses différentes études et dans son livre sur la reconnaissance au travail, qu’un tel programme d’implication des salariés d’une entreprise est une réelle source de valorisation et de reconnaissance. 

L’employee advocacy revet ainsi des enjeux fort de crédibilité et de confiance dans les message diffusés, d’augmentation significative de l’audience, sans nécessité d’avoir recours à de la publicité, mais aussi d’amélioration de la reconnaissance au travail et de l’implication des collaborateurs dans la démarche de l’entreprise.